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Cannoise d'origine, j'ai installé mon atelier de céramique près de Valbonne, parmi les pins parasols et les oliviers.

Je façonne chaque pièce à la main, en grès. Pas de tour, pas de série : je travaille la terre par plaques et par modelage, et chaque objet garde la trace de mes doigts. C'est ce qui fait qu'aucun bol, aucun vase ne ressemble tout à fait à un autre.

Je fabrique les choses de la vie. Le plat qui arrive au centre de la table, le pot qui attend une plante sur la terrasse, le set apéritif original pour les soirées d'été, le vide-poche qui décore l'entrée… Des pièces utiles, qui embellissent la maison et le jardin, et qui font toujours plaisir à celles et ceux qui les reçoivent.

Les couleurs de la région finissent toujours par s'y inviter : le beige des pierres de maison, le vert des oliviers, le bleu du ciel azuréen, l'ocre des montagnes de l'Estérel.

Je suis heureuse de partager ces pièces avec vous.

Magali

Le grès

Toutes mes pièces sont en grès. C'est une terre qui cuit très haut — autour de 1250 °C — et cette chaleur la transforme : elle se ferme, se densifie, devient presque de la pierre. Elle ne boit plus l'eau, ne craint pas le gel, et résiste aux chocs du quotidien.

C'est pour ça que j'ai choisi cette terre plutôt qu'une autre. Un plat en grès passe au four, au lave-vaisselle, et se repose sur la table pendant vingt ans. Un pot en grès peut attendre dehors toute l'année, sous la pluie de novembre comme au soleil d'août.

Certaines de mes terres sont chamottées : on y ajoute de la terre déjà cuite et broyée, qui donne au grès un grain, une petite rugosité sous la main. C'est ce qui fait qu'une pièce se reconnaît les yeux fermés.

L'engobe

L'engobe est une terre liquide et colorée, que j'applique sur la pièce encore crue. Contrairement à l'émail, elle ne vitrifie pas : elle reste mate, terreuse, douce.

C'est ce qui me permet de dessiner dans la matière — un aplat de couleur, un trait, un contraste entre le brut et le brillant. Souvent, une même pièce porte les deux : l'engobe pour la couleur, l'émail pour protéger.

L'émail

L'émail, c'est la couche de verre qui recouvre la pièce. On l'applique sur la terre déjà cuite une première fois, puis on retourne au four : la poudre fond, coule, se fige, et devient cette surface lisse et brillante — ou douce et mate, selon la recette.

C'est la partie la plus imprévisible du métier. Deux pièces émaillées le même jour, avec le même pot, sortent parfois différentes du four. J'ai appris à aimer ça : c'est ce qui rend chaque objet unique.

Sur tout ce qui touche la nourriture, je n'utilise que des émaux certifiés pour le contact alimentaire.